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Marianne, micro événement n°18 et 18bis par Tsuneko Taniuchi
Delacroix la représenta, en 1830, incarnée par une fille du peuple coiffée du
bonnet phrygien, les mèches au vent, dépoitraillée, fougueuse et victorieuse sur les barricades des « trois glorieuses » de la révolution de Juillet.
A « La Force de l’Art » au Grand Palais en mai 2006, : Tsuneko Taniuchi monte sur la grande scène du grand Palais. Après Bardot, Mathieu, Deneuve, de la Frésange, ou Casta, elle
incarne une Marianne tricolore, bottes bleues, short en jeans, petit haut blanc frappé du label Marianne / Tsuneko © et perruque aussi rouge que flamboyante pour bonnet phrygien. Lilliputienne
sous la grande verrière, son allure tient de l’excentricité manga et de la pom pom girl, prête à mener la claque.
Hier, Marianne c’était la Révolution, aujourd’hui elle incarne la République et la Nation. Et Marianne, ou plutôt Tsuneko, danse sur le rythme de la Marseillaise qui emplit le Grand Palais. En
fait, très vite, elle bouge plus qu’elle ne danse, ses gestes se désordonnent, la Marseillaise dérape, miaule, ripe et patine. La danse de Marianne se désarticule, se démantibule sur des rythmes
de plus en plus hasardeux. C’est burlesque, tragique, presque pathétique. L’icône de la Nation chavire et vacille. Arrêt sur image, rien ne va plus. Ou plutôt arrêt sur le son. Car la direction
de la manifestation interrompt la performance, ce micro événement de Tsuneko Taniuchi. Trop provoc’ lui dit-on, vu le lieu, les circonstances, l’officialité. Il faudra de longues heures de
négociation pour lever la censure...
